Apprendre la Sagesse Biblique
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La différence entre savoir que vous êtes en sécurité et vous sentir réellement en sécurité

Par Alvin Ellefson

Il existe une forme particulière d’épuisement qui vient du fait de ne jamais vraiment sortir du mode survie. Ce n’est pas une panique constante, mais un état intérieur de vigilance permanente que vous n’arrivez pas à désactiver. Votre corps continue de réagir comme si toute interruption était dangereuse. Alors même lorsque la vie ralentit, quelque chose en vous reste tendu.

Votre épuisement n’est pas une faiblesse. Il peut être le résultat d’un corps qui a appris qu’il n’était pas sûr d’interrompre la survie. Une partie de vous ne prend plus le temps d’attendre le danger avant de réagir, parce qu’une peur prolongée a entraîné votre système nerveux à confondre vigilance et responsabilité. Le repos peut sembler moins être un soulagement qu’une forme d’exposition. Même lorsque vous avez enfin de l’espace pour respirer, votre corps peut rester crispé, comme si baisser la garde allait vous coûter quelque chose.

Cela crée un conflit intérieur douloureux. Vous pouvez désirer la paix, mais la paix vous paraît tellement étrangère qu’elle devient suspecte. Vous savez peut-être que la situation a changé, pourtant votre corps réagit encore comme si l’ancienne menace était toujours proche. Cela peut vous laisser déconcerté face à vos propres réactions, comme si vous devriez déjà avoir « tourné la page » simplement parce que le pire est passé.

Ce qui apparaît alors, c’est cette croyance selon laquelle la sécurité dépend d’un état d’alerte permanent. L’épuisement devient le prix à payer pour rester vigilant, même lorsque cette vigilance ne vous protège plus.

Je suis sans force, entièrement brisé; Le trouble de mon cœur m’arrache des gémissements.
Psaumes 38:8 (LS1910)

Le psaume ne sépare pas la détresse émotionnelle de la souffrance physique, parce que l’Écriture reconnaît que la douleur ne reste pas enfermée dans l’esprit. Les blessures et l’abattement ne sont pas traités comme des exagérations, mais comme la preuve qu’une souffrance intérieure peut laisser des traces dans le corps. Dieu ne considère pas la tristesse incarnée comme une faiblesse ou une réaction excessive. Il voit comment la peur, le chagrin et une tension prolongée peuvent s’enraciner si profondément que le corps finit par porter ce que le cœur a enduré.

Nous supposons souvent qu’une fois les circonstances changées, la paix devrait venir immédiatement. Pourtant, ce verset révèle que la souffrance peut continuer d’agir sous le niveau de la conscience. Une personne peut être sortie du danger tout en continuant à se sentir gouvernée par lui. Elle peut connaître la vérité dans son esprit alors que son corps s’attend encore à une interruption, une perte ou une blessure. Ce n’est pas un échec ; c’est la preuve que la survie a façonné bien plus que les croyances.

L’attention de Dieu ne se limite pas aux événements visibles. Il voit les blessures intérieures qui restent actives longtemps après que le mode survie aurait dû prendre fin. Il est attentif non seulement à ce qui vous est arrivé, mais aussi à ce qui a continué de se produire en vous ensuite. Le psaume donne des mots à une douleur qui pourrait autrement sembler cachée, confuse ou difficile à expliquer. Il montre que Dieu rejoint les personnes avec vérité et honnêteté, non seulement dans leurs circonstances extérieures, mais aussi là où la détresse a laissé une empreinte physique et émotionnelle.

Ce qui vous a protégé dans un danger prolongé peut devenir une prison lorsque votre corps ne sait plus distinguer le souvenir de la menace réelle.

Cela change la manière dont vous interprétez votre épuisement. Au lieu d’y voir la preuve que vous êtes spirituellement faible ou émotionnellement défaillant, vous pouvez reconnaître qu’une partie de vous porte trop de poids depuis trop longtemps. Cette prise de conscience ne justifie pas de rester prisonnier, mais elle enlève une honte inutile. Vous pouvez cesser d’exiger une paix immédiate d’un corps qui a appris à survivre grâce à une préparation constante.

Dans la vie quotidienne, cela peut vouloir dire ralentir suffisamment pour remarquer quand votre réaction appartient davantage au passé qu’au présent. Cela peut signifier faire une pause avant de supposer que l’urgence est toujours synonyme d’obéissance. Cela peut aussi vouloir dire laisser Dieu vous rejoindre dans l’inconfort de la sécurité, dans ces moments où rien n’a besoin d’être contrôlé ou géré.

Avec le temps, vos réactions peuvent devenir moins dirigées par la peur et davantage façonnées par la confiance.

Il y a une certaine douceur dans le fait d’admettre que votre corps réagit peut-être encore à des combats qui ne sont plus devant vous. Cet aveu ne vous rend pas fragile ; il vous rend honnête. Vous avez peut-être appris à survivre en restant constamment prêt, mais cette vigilance n’a jamais été destinée à devenir votre identité permanente.

Que signifierait le fait de laisser Dieu prendre soin de la partie de vous qui croit encore que la paix est dangereuse ? Restez avec cette question doucement, sans chercher à forcer une réponse.

Dieu voit l’épuisement de porter le danger même après qu’il soit passé. Il n’est pas impatient envers les parties de vous qui apprennent encore à se reposer. La survie vous a peut-être profondément façonné, mais elle n’a pas à vous définir pour toujours. La paix peut redevenir familière.

- Alvin Ellefson

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